Les temps sont durs

13 janvier 2013

Au sujet des maniestations de ce jour, mon poème tombe à pic.

Marions-nous !

 

Mon amour, marions-nous

Un beau jour de juillet.

Tu es belle, ô colombe en robe de mariée.

Le miroir te révèle deux ailes blanches dressées.

La joie m'inonde de voir ton image floutée.

À mes pieds grondent deux larmes perlées.

Dans un jour, peut-être et pour l'éternité,

Notre amour sera marqué dans un anneau doré.

Nous irons aux Seychelles comme deux jeunes fiancés,

Main dans la main, mot d'amour à l'oreille et rêves en réalité.

Dans mes yeux, dans dix ans, tu tiendras notre bébé...

Bébé.

Mariage.

Mariage.

A mes pieds gronde un torrent d'amers regrets.

 

Mon amour, notre amour

Reste pieds et poings liés.

Crions cet amour au monde qui n'en veut pas !

Crions cet amour à l'église et à la loi.

Aujourd'hui un torrent de manifestants que ça ne regarde pas,

Main dans la main, nous refusent la liberté

De porter deux robes de mariée.

Posté par Futur Polaroid à 15:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]


29 août 2012

Tourne, tourne, meurt, profite de la vie enfoiré.

titanic

J'ai longtemps hésité avant de publier ce texte...

Parce qu'il est affreusement démago, c'est, en gros "Je vais sauver le monde et tout le monde sera content (et vous allez bien m'aimer)". Mais finalement, ce texte me plaît. Il donne à ce blog la bouffée d'espoir (bien qu'utopique) qu'il lui manquait.
Alors oui, je suis peut-être trop rêveuse, oui, je sais que je ne sauverai jamais le monde. C'est pas l'envie qui manque... Mais pour une fois que l'espoir est là, je ne le laisserai pas s'échapper, et l'espoir dicte les actes, il paraît.

 

J'aurais pas du voir ce film. J'aurais pas du écouter cette chanson. J'aurais pas du lire ce blog.

J'aurais pas du m'enivrer de tous ces sentiments maussades. Cela fait des semaines que je bâillonne mes sentiments de sourires forcés et de « je vais bien, merci », et il faut que toutes ces pleureuses m'attaquent de front ? Cela fait des semaines que je me persuade de profiter de la vie, et il faut que cette saloperie de film me rappelle que personne n'en profite vraiment, qu'ici où là un drame, une injustice vient toujours ruiner cette vie si fragile ?! Cela fait des semaines que j'occupe chacune de mes secondes pour ne pas penser à ma tristesse et il faut que ce blogueur me rappelle que la tristesse des autres est plus grande encore ?

 

Je n'ai même pas honte de me sentir triste pour pas grand chose. Certains diraient que je me prend trop la tête, que je suis trop sensible. Je suis sensible, certes. Sensible au moindre souci de ma vie, à chaque souci de la vie de ma famille, de mes amis. J'ai mal pour cet ex qui se sent seul, cette famille qui se prive encore, ces amis que se déchirent. Ce n'est pas de l'hypersensibilité, c'est une bouffée de conscience.

 

Là, j'entre dans la danse lugubre de ces vies où les problèmes au mieux se succèdes, au pire s'empilent. La danse de la vie. Et pourtant mon entourage et moi ne somment qu'un petit entrechat dans la grande valse du monde. Tourne, tourne. La misère, la faim, la torture. Tourne, tourne. Les règlements de compte, la maladie, le manque. Tourne, tourne ! La distance, l'épuisement. La mort.

 

Si on levait la tête ne serait-ce qu'un moment, on verrais sûrement les marionnettistes qui contrôlent nos journées, qui rejettent leurs malheurs sur nous, déchets de leurs vies divines. J'ai envie de tirer sur les fils pour faire tomber le maître. Seulement, le puis-je ? Sûrement pas.

 

Et si j'enraillais la boîte à musique ? Et si j'esquivais les obstacles pour entamer une danse de la joie, désordonnée et exubérante ? Alors je tirerai vers moi tous ceux qui sont lancés depuis trop longtemps dans la valse de l'ennui et de la souffrance.

 

C'est décidé. Je n'oublierai plus les soucis qui me rongent. Je les abattrais. Et j'abattrais ceux des humains qui n'ont plus la force de le faire seuls. Ou alors je les surmonterais avec eux. A tout mon entourage : ne perdez pas espoir. Ensemble on se battra pour le bonheur, pour celui des autres. Et on enverra se faire foutre les responsables de nos problèmes.

 

Finalement, j'ai bien fait de regarder ce film.

 

Posté par Futur Polaroid à 23:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]

18 août 2012

Métro

Arnaud_Thomas

 La photo est signé Arnaud Thomas, génial photographe du métro : http://arnaudthomas.over-blog.com/

 

Métro

 


Il est un espace hors du temps

Où l'on passe près des enfers.

Boyeaux et artères de la Terre,

C'est un sas long, haut et bruyant.

 

On y entre pratiquement

Comme un vieux entre au cimetière :

On sais qu'on y verra des gens

Qui nous regarderont nous taire.

 

Car un peu machinalement,

Le serpent de fer et de verre

S'arrête et mange ses passants

Tous aveugles et sourds à leurs pairs.

 

Oui, ces immondes inconscients,

Ignorant leurs colocataires,

Greffent leur son sur leurs tympans,

Et Le Monde sous leurs oeillères.

 

Une guitare et son mendiant

Vont souvent troubler l'atmosphère,

Étalant un peu de talent,

Et surtout beaucoup de misère.

 

Parfois un violent mouvement

Projette contre la colère

D'un homme un homme un peu violent

Et les insultes fendent l'air.

 

En nous, la crainte à tout moment

Qu'un ou deux enfants de galère,

Dans ce labyrinthe géant,

Rôdent trop près de nos arrières.

 

Quand le voyage derangeant

Prend fin, les pantins filent vers

Leurs affaires et bureaux en rang.

Loin du monde du RER.

 

 

Posté par Futur Polaroid à 12:29 - Commentaires [1] - Permalien [#]

16 août 2012

« J'crois que les histoires d'amour, c'est comme les voyages en train... » Grand Corps Malade

Voici mon dernier poème, qui répond au doux nom de... Poème d'amour.

 

amour_1Aujourd'hui, j'ai appris.

J'ai appris que tu étais sensible.

Que ton coeur était flexible.

Pour moi, l'homme était dur et son coeur de métal.

Toi, mon coeur, me perdre te ferais le plus grand mal.

Notre couple est aigre-doux...

Tu es plutôt doux.


J'ai pris dans ma main ton coeur si fragile,

Je t'aime.

Si fragile que j'en prendrai grand soin.

Je jure de préserver ta candeur,

Ta pudeur.

Tu as peur, tu pleurs, tu meurs, tu croies.

En fait, tu es plus fragile que moi.

Je prendrai soin de tes nuits et de tes jours,

Je bénirai ton amour,

Mon coeur.

Aussi doux qu'un poème...

Je t'aime.

 

 

Ah ah, ce qu'on est gaga quand on est amoureux... Désolée pour les métaphores débiles :3

 (Photo vient de http://www.poesie-citation.fr/amour/, je connais pas l'auteur...)

Posté par Futur Polaroid à 00:33 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

04 août 2012

La cour des grands

J'ai vécu mon enfance dans la bulle de l'innocence.

Certes, elle était percée de questionnements sans sens sur l'existence,

L'essence de mon être, l'errance de mes pensées.

Certes parfois pour moi le mal-être était trop lourd,

Et quand il n'était pas là c'était le blues des mauvais jours.

Sans un bruit j'ai construit sans répit le mur de ma vie

Perdant à chaque brique un peu d'égo, un peu d'estime, un peu de souffle, un peu d'envie.

Mais quand on y pense rien n'avait trop d'importance,

J'avais encore le temps d'être patiente, de laisser vagabonder mes espérances.

 

Maintenant, la bulle se fissure, j'ai perdu l'armure de l'innocence.

À l'aube d'entrer dans la cour des grands, le temps s'agite et s'accélère.

Le temps passe vite, le temps n'a plus le temps.

Je dois hisser les voiles avant d'entrer dans la galère.

Mon esprit s'est ouvert à la culture, à l'actualité, à la misère, aux phénomènes de société.

Mais face à ces amers nouveautés, je pose un genou à terre.

Mes frêles épaules ne cessent de plier sous le poids de la maturité.

Posté par Futur Polaroid à 14:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]


20 juillet 2012

Pourquoi, maman, je ne vais plus à l'école.

2012-07-31 18 

(Illustration personnelle)

Aujourd'hui, je suis stupide. Horriblement stupide. Je me lève sans convictions et je pars pour l'école.

 

Le meilleur moment de la journée, c'est l'attente du bus, dans le froid et le brouillard, quand je suis encore moi-même. Je profite de l'ambiance morbide du petit matin, j'imagine ce qu'il a pu se passer dans cette ruelle sombre dont on ne voit pas le bout, il y a des années, des siècles. Je suis déjà bien réveillée car je croque la vie à pleine dents, je profite de chaque moment et je ne pourrais pas me priver de la première heure de la journée. C'est ainsi que mon imagination, déjà active, se déploie. Parfois ange, parfois corbeau. Encore foetus au début, je fais des suppositions, j'imagine une autre vie, puis mon imagination prend vie et devient oiseau vigoureux, puissant, impossible à stopper. A la force de ses ailes d'aigle, je pars pour des envolées oniriques merveilleuses. Il s'écrase. S'étouffe. Meurt. Le bus arrive. Je monte. Je salue le chauffeur. Je m'assoie. J'attends. C'est à ce moment que j'entre dans la foule. Il est 7h30 du matin et je me suis déjà perdue. Je ne suis qu'une élève parmi les autres, un élément du bétail qui se lève en rythme quand le bus s'arrête, qui descend et qui suis encore et encore la même trajectoire jusqu'au lycée. Je ne sais pas si c'est parce que je suis bizarre, mais j'ai toujours une sensation étrange quand je descend de ce bus. En fait, je me sens extérieure à tout ce manège, ces corps qui se lèvent dans un même élan, je ne suis qu'un spectateur figé et froid qui ne sais pas comment réagir. Alors je suis la foule et je joue le jeu, enfin j'essaie.

 

Des tas d'élèves se concentrent dans le tout petit hall. Dans le brouhaha ambiant, les quelques paroles que je perçois suffisent à attiser mon mépris. Ça parle de garçons, de manucure, du dernier spectacle de Gad Elmaleh. Un petit détour pour éviter ce directeur qui n'apprécie jamais les déchirures de mes jeans, et je suis devant la salle. J'arrive toujours en avance, pour profiter de la solitude un dernier moment. Il y a bien deux ou trois élèves, les « sérieux », mais ce ne sont pas eux qui vont me gêner. Au moins ils ne parlent pas de Gad Elmaleh. Encore un instant de tranquilité et, prêts, partez, la sonnerie acide claironne de son doux son mélodieux, et tout le monde reprend sa place. On bouscule un peu dans les couloirs, alors que personne n'est pressé... Mon aliénation peut commencer.

 

Les visages d'enseignants défilent, tous ont des discours différents et pourtant très peu savent nous gérer. L'ambiance varie, comme si la classe, d'un mouvement commun, comprenait quelles sont ses limites suivant le visage devant lequel elle se trouve. Il y a celui qui est toujours « trop sympa », qui se prend à discuter où à plaisanter au milieu d'un cours. Tant pis pour lui, on va exploiter sa bonté au maximum. Au retour d'une boutade, parfois drôle, qu'il ne s'attende pas à ce qu'on reprenne sérieux, l'occasion est trop belle pour mobiliser le reste de l'heure à des conversations aussi inutiles qu'éphémères. C'est là que reparaît Gad Elmaleh.

 

Vient alors mon préféré, l'enseignent au summum de la bêtise. Pour lui l'éducation n'est pas vocation. Sa seule motivation est apparemment l'appât du gain. Il ne veut pas transmettre son savoir, il veut éduquer tous ces débiles, sois-disant tous fumeurs d'herbe, qui n'ont bien sûr jamais ouvert un livre. Alors commence la mascarade. On entre à peine dans la salle qu'il faut se mettre en ligne et répéter en choeur « nous sommes débiles, nous sommes débiles, nous sommes débiles »... Bon, en réalité, on ne nous a jamais demandé de nous abaisser à ce rituel, mais ce qu'il se passe revient un peu au même. Le divertissement principal de cette espèce est de nous mépriser ouvertement. Elle parsème ainsi son cours, qu'elle aura récité avec un dédain magistral, de touches reprochantes acerbes et d'interminables morales. Elle se gardera bien de nous encourager et les seules félicitations qu'elle adressera serviront à dénigrer, par comparaison, le reste de la classe. Enfin, elle remplacera les conseils de sites internet et de lectures complémentaires censées approfondir le cour par un récit de sa supériorité culturelle. Elle ne nous demande pas de lire Diderot, elle nous explique qu'elle a lu Diderot. Elle ne nous conseille pas de nous renseigner sur la Révolution, elle s'indigne que nous ne connaissions pas la Révolution aussi bien qu'elle. Qu'on me comprenne bien : au collège, une formidable prof de français nous a fait découvrir le grec avec tant de passion et de conviction, que je me suis inscrite au cours de grec. Au lycée, la prof de grec était tellement persuadée que je ne comprendrais jamais que quand je posais une question sérieuse sur la grammaire elle se bornait à me répéter inlassablement la traduction de « et » . Allez comprendre... J'ai arrêté le grec. Enfin, lorsque le narcissisme de l'espèce atteint son sommet, vient la question politique. Dure problème qu'est l'enseignement de la conscience politique. Personnellement, je trouve qu'on nous parle de politique au lycée que trop rarement. C'est que l'exercice est difficile, comme le prouve le cuisant échec dans l'objectivité de « l'Espèce ». Celle-ci va nous imposer ses opinions avec conviction, allant jusque insinuer que si le pays est dans cet étant de décrépitude aujourd'hui, c'est que nos parents ne savent pas voter. Mais sa tirade est coupée par la sonnerie, alors elle en profite, avide du moindre reproche, pour nous dire que, finalement, on n'a pas achevé le cours car nous sommes trop lents, et bien-sûr pas assez compétents. Je dirais plutôt que c'est elle qui nous a achevé. Mais je n'ai pas le temps, je dois sortir. Aujourd'hui je n'ai encore posé aucune question, de peur qu'on me dénigre. Tant pis, je comprendrais toute seule ce soir. Comme d'habitude.

 

NB : Je  ne crache pas sur l'école (enfin, si, un peu :) ). Je sais que ce genre d'"Espèce" est minoritaire dans le corps enseignant et il y a beaucoup de bons profs. Ceux-ci je les salue.

NB2 : Je ferais bien une liste des profs du genre de l'"Espèce", pour qu'ils se reconnaissent au cas où ils leur viendrait l'idée farfelue de passer par là, mais (malgré le NB1) il y en a beaucoup trop.

Posté par Futur Polaroid à 09:48 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 juin 2012

L'écriture

L'écriture c'est pas seulement des mots enchaînés, des belles métaphores. L'écriture c'est une pensée, quelque chose à dire. C'est parfois le fruit d'une réflexion profonde et longue, harassante et torturée. J'écris plus en réfléchissant qu'en noircissant des pages. L'écriture c'est la peur, l'amour. Les sentiments violents qui émanent de ces deux corps qui échangent. L'un dicte, l'autre ressent. L'écriture, c'est toujours des erreurs, des pages blanches, des pages déchirées et brûlées. Il y a plus d'erreurs que de mots, plus d'oublis que de rameaux. Quand tu me lis, lecteur, détruis les murs de papier et d'encre. Libère alors tes ressentiments, tes réflexions, ton sens critique. Ne lis plus de gauche à droite, noir sur blanc. Pense, en multicolore.

Posté par Futur Polaroid à 22:18 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

23 juin 2012

Disneyland Paris - Capital du rêve artificiel

Disneyland. Paradis superficiel par excellence. Je n'ai jamais compris pourquoi ce château rose attirait autant de monde. Les gens d'aujourd'hui sont ils achetables à souhait ? On leur dit « vous allez rêver », ils rêvent. Vous allez être heureux, oublier tous vos soucis et vos vies misérables le temps d'un séjour.

 

Impatiente d'oublier ma vie pas si misérable, j'ai moi-même passé le week-end à Disneyland Paris. En oubliant que j'aie passé deux heures de train en compagnie d'une charmante demoiselle pas très soucieuse d'enlever ses pieds de sous MON siège, en oubliant que j'aie passé une heure à attendre de pouvoir enfin poser mes bagages dans la bagagerie, en oubliant que je veillais depuis 24 heures, bref en imaginant que j'étais de bonne humeur, je n'aurais toujours pas apprécié mon week-end.

 

J'arrivai donc à 10h du matin, déjà fatiguée et pas très enthousiaste, devant l'entrée du parc -car rappelons-le, ce n'est qu'un parc. Grâce à nos passes, je rentrais rapidement dans l'enceinte, après une fouille des sacs si rapide qu'elle en devenait inutile. Ma première vision n'était pas un grand château rose comme dans la publicité, non je m'attardais plutôt sur les boutiques que t'exhortaient à dépenser dès l'entrée ainsi que sur les mines déconfites et fatiguées des autres clients. Passé ce sas de la tentation, on découvre enfin le misérable château rose bonbon trop propre, qui a même du mal à émerveiller les petites filles. Il se détache du ciel parisien, comprendre du ciel gris, avec l'habilité d'un architecte. Car ce charisme n'est pas dû au hasard, les créateurs ont longtemps étudié la météo avant la création du parc pour choisir la couleur du palais et optimiser son image. Outre ces artifices, le château a l'air sorti tout droit d'un conte dont le créateur n'a pas encore appris les ombres . En effet, le parc tout entier et plus particulièrement ce château manquent cruellement d'ombre. Tout n'est que paillettes dans les yeux, pour mieux vous éborgner.

 

On ne sais pas quoi faire, tout est trop grand, trop faux. Alors on essaie de se prendre au jeu, on marche, on découvre, on essaie d'être heureux. Moi, j'observe. Comme d'habitude, je préfère regarder les autres plutôt que vraiment agir. Une famille est là, assise sur un rebord, entre une poubelle et un banc. Le père regarde dans le vide, fatigué. La mère regarde dans le vide, fatiguée. La fille regarde les autres, envieuse. Ils ne bougent pas. Pendant un quart d'heure, alors que je me forçais à finir le pire hot dog que j'aie jamais mangé, ils sont restés là, las, déconnectés, comme en proie à une overdose de rêve. Derrière nous, les crissements des attractions. Devant nous, les crissements de leurs âmes. J'ai peur. Mais il est l'heure de repartir, de découvrir de nouvelles aventures dans le bateau pirate. Comme tous les robots qui nous entourent, on entre dans la file. Que dis-je, dans le kilomètre d'impatience, de bruit et d'excitation, en attendant de croiser le regard sombre de l'employé sous-payé qui bosse chez Disney parce qu'il n'a pas le choix, il faut bien manger, et puis il voulait travailler avec les enfants c'est bien Disney quand on veut travailler avec les enfants. Enfin... C'est pas exactement ce qu'il attendait. Bien que ce soit glorifiant de porter un costume vert et rouge et jaune et bleu, on ne le regarde pas beaucoup. Les enfants attendent plutôt Mickey, toujours joyeux sur son masque de carton.

 

J'imagine que derrière le masque, souriant, heureux, excessif, exaspérant, terrifiant... Le comédien pleure. Il ne peut plus les voir ces sales mioches trop gâtés, qui le suivent de partout comme des chiens à qui on aurait oublié de donner à manger. Mais ce n'est que mon imagination. Peut-être qu'il aime son boulot. Ce n'est pas le cas de blanche-neige. Je me baladais tranquillement en égrenant mes sarcasmes quand la belle déboula portant le visage puéril de la princesse qui fait faire son ménage par des oiseaux. Elle dansa jusqu'à la porte des employés, repoussa les gamins qui la suivaient, ouvrit cette porte et disparut fumer sa clope. Merde, j'ai pas eu le temps de lui demander un autographe, quel dommage.

Posté par Futur Polaroid à 17:29 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 juin 2012

Ombre

Opéra de glace

Un enfant dans son coin

Pleure en silence

Un tyran dans l'ombre

Mène la danse

Posté par Futur Polaroid à 18:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

En un battement d'aile, l'espoir

Une enfant seule, face à l'horizon noir,

Couverte du linceul des cauchemars.

Au fond de la nuit, la petite s'ennuie.

Elle oublie le temps d'avant la pluie.

 

Le soleil se lève, trouble derrière le rideau de ses pleurs.

Elle récolte encore la sève de ses plus anciens malheurs.

Mais une hirondelle ce matin surgit dans le ciel.

Elle se love dans ses mains, fais son nid dans sa vie,

Dissipe le chargrin et chasse à jamais la nuit.

Éclatante au petit jour, l'hirondelle de l'amour.

Posté par Futur Polaroid à 17:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]